Belarus Daily | 17 fév

Le procès de l’ancien candidat à la présidentielle Viktar Babaryka a commencé ; 90 perquisitions en 1 journée ont eu lieu au domicile des défenseurs des droits humains au Bélarus ; «le Bélarus qui proteste » est arrivé au Japon

17 février 2021 | BYHelp-Mediagroup
 «Extinction des feux ». L’œuvre de l’artiste Lera Lazuk inspirée par le séjour en prison.
Source : instagram.com/leralazuk_art

Début du procès de l’ancien candidat à la présidentielle Viktar Babaryka

Viktar Babaryka lors d’une audience le 17 février 2021.
Source : Reuters

Dans la matinée, des démineurs sont arrivés au palais de justice, et les véhicules se trouvant sur les parkings ont été évacués par une dépanneuse. L’audience du tribunal a été déclarée publique, mais ni les journalistes des médias non étatiques, ni les citoyens ordinaires n’ont été autorisés à y assister. Une grande file d’attente s’est constituée à l’entrée du tribunal.

Le tribunal a rejeté toutes les requêtes de la défense, y compris la demande de commuer les mesures coercitives en assignation à résidence.

Viktar Babaryka est accusé d’avoir « blanchi » des fonds obtenus par des moyens criminels et d’avoir reçu un pot-de-vin d’un montant particulièrement élevé. Son acte d’accusation compte 340 pages.

Source : t.me/@belarusseichas

La machine d’accusation fonctionne en continu

La procureur a requis deux ans d’emprisonnement dans un établissement pénitentiaire à régime général pour Daryia Tchoultsova et Katsiaryna Andreïeva.

Le célèbre publicitaire Vlad Saveliev a été assigné à trois ans de résidence dans un établissement pénitentiaire pour avoir participé à une manifestation.

Le représentant du syndicat indépendant des travailleurs de l’industrie radioélectronique Andreï Komlik-Yamatsine a été condamné à 25 jours de détention administrative. Les procès-verbaux établis à son encontre se basaient sur la présence d’une guirlande de couleurs argentée et bordeaux sur son balcon ainsi que sur son refus d’ouvrir la porte aux agents des forces de l’ordre.

À Jodzina, les 59 personnes arrêtées le 13 février lors d’un concert près de Smaliavitchy ont été condamnées . Au total, leurs peines cumulées s’élèvent à 660 jours de détention et 13050 roubles bélarussiens d’amendes (soit 4 mille euros environ).

À Skidziel a été prononcé le jugement contre une artiste qui a dessiné « une image cynique en forme de cigogne » sur les murs d’un arrêt de transports publics. Elle a été condamnée à une amende de 4.350 roubles bélarussiens (soit 1.360 euros environ), son ami – à 2.900 roubles bélarussiens (soit 900 euros environ). La jeune fille s’est également vu confisquer son vélo, considéré comme un moyen de commettre un crime.

La cigogne, symbole officiel du Bélarus, est peinte sur la paroi métallique d’un arrêt de transports publics, et est ornée d’une inscription disant « Skidziel, rejoigne-nous ».
Source : TUT.BY

Le Bélarus qui proteste est arrivé au Japon

Source : t.me/@belarusseichas

Aujourd’hui à Tokyo se tient l’exposition d’art protestataire bélarussien « Expiré. Art de résistance bélarussienne ».

L’exposition est consacrée à 6 mois de manifestations pacifiques au Bélarus. Cette exposition présente les chroniques de la contestation à travers l’art, reflétant la nature pacifique de la résistance bélarussienne. Elle explore la façon dont les initiatives locales, l’auto-organisation citoyenne, le mouvement des femmes et l’art sont devenus une force motrice contre la violence et la brutalité policières dans la lutte pour mettre fin à la « dernière dictature d’Europe ».

Source : youtube.com/Zhurtavańnie Biełarusaŭ Japonii

La communauté internationale des droits humains a condamné la persécution des défenseurs des droits humains au Bélarus

Le 17 février, il s’est avéré qu’environ 90 perquisitions au domicile des journalistes et militants des droits humains avaient été effectuées hier dans tout le pays. Les organisations « Viasna », le Syndicat des travailleurs de l’industrie radioélectronique, l’Association bélarussienne des journalistes (BAJ) et des militants privés ont fait l’objet de répressions. Le ministère de l’Intérieur a répertorié tout ce ce qui avait été trouvé et saisi lors des perquisitions.

Premièrement, des fonds personnels et des cartes bancaires ont été saisis. Au total, le ministère de l’Intérieur déclare 80.000 dollars saisis ainsi que des questionnaires sur l’assistance aux réprimés et des centaines de reçus pour le paiement des amendes aux particuliers et aux services juridiques ; littérature de protestation, à savoir des magazines et livres sur l’histoire du Bélarus. Et, de façon tout à fait inattendue, « vraisemblablement de la drogue et un objet semblable à une arme à feu ».

Les organisations internationales ont fait des déclarations à ce propos.

Human Rights Watch :

« Ces perquisitions font partie d’une campagne d’intimidation flagrante. Les autorités bélarussiennes persécutent des défenseurs des droits humains et des journalistes indépendants afin d’essayer de détruire tout ce qui reste de la société civile au Bélarus. »

Freedom House :

« Les perquisitions au domicile des militants sont une énième tentative alarmante du régime bélarussien de détruire la dissidence dans le pays. Les autorités doivent de toute urgence mettre un terme aux affaires criminelles truquées et mettre fin à la campagne de harcèlement des défenseurs des droits humains et des avocats qui jouent un rôle vital en tant que dernier bastion de défense pour des centaines de personnes persécutées en raison de leurs opinions politiques. Les attaques contre les organisations de défense des droits humains, ainsi que les pressions constantes sur des avocats, menacent cette importante source de protection et conduiront à un plus grand isolement international du Bélarus. »

Civil Rights Defenders :

« Nous appelons la communauté internationale à se prononcer en faveur des personnes ciblées par cette attaque, à utiliser tous les canaux possibles pour condamner les actions des autorités bélarussiennes et leur rappeler leurs obligations internationales. »

Le Bureau des institutions démocratiques et des droits humains :

« Les défenseurs des droits humains au Bélarus jouent depuis longtemps un rôle important dans la promotion des droits de leurs concitoyens, malgré de nombreuses contraintes. Par conséquent, il est très troublant de lire des informations sur ce qui ressemble à une action planifiée par les autorités bélarussiennes pour poursuivre et intimider les personnes en relation avec les manifestations pacifiques qui se déroulent au Bélarus depuis de nombreux mois. »

Source : spring96.org

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