Marche des étudiants à Minsk le 1er septembre 2020: protestations, revendications et arrestation

1 septembre 2020, 19:03 | KP
La Marche des étudiants à Minsk. Inscription sur la pancarte: pas de verbe, pas de tiret – « les paniers à salades » ( c’est à dire les fourgons de police ) sont là.
Source: Pavel Martinchik, KP

A l’occasion de la Journée de la connaissance (fête instaurée en URSS en 1984 pour célébrer la rentrée scolaire chaque 1er Septembre NDT), des centaines d’étudiants de différentes universités ont défilé à travers la ville de Minsk, exigeant des élections équitables et la fin de la violence dans le pays. Des dizaines d’étudiants ont été arrêtés.

Cette année, le 1er septembre a été très inhabituel (ou est-ce déjà devenu habituel?), suite d’un été marqué par des manifestations de gens mécontents par les résultats des élections et de la flambée de violence dans le pays.

SDes étudiants de divers établissements d’enseignement supérieur de la capitale ont participé aux manifestations. 
Source: Pavel Martinchik, KP

Les étudiants des différents établissements d’enseignement supérieur de Minsk se sont d’abord réunis dans leurs universités, pour ensuite se rendre au ministère de l’Éducation afin de soumettre une pétition déclarant qu’ils n’étaient d’accord avec les résultats des élections, ni avec ce qui se passe dans le pays.

Des étudiants avec des slogans. Inscription sur l’affiche: Physiciens pour le changement.
Source: Pavel Martinchik, KP

Certains étudiants avaient scotchés leur bouche avec du ruban noir pour symboliser les problèmes de liberté d’expression et d’opinion dans le pays.

Les étudiants veulent montrer qu’ils ne sont pas d’accord avec les élections et ni avec ce qui se passe dans le pays. Inscription sur l’affiche: « la violence ne pourra pas étrangler la vérité ».
Source: Pavel Martinchik, KP
La Marche des étudiants se tient à Minsk en signe de désaccord avec les résultats des élections et avec ce qui se passe dans le pays.
Source: Sviatoslav ZORKY, KP
Les étudiants traversent Minsk.
Source: Sviatoslav Zorky, KP

Les autorités ont commencé à bloquer et à arrêter des étudiants même dans les universités : dans le bâtiment principal de l’Université d’État Bélarussienne ( BSU ), dans le bâtiment de l’Université Linguistique, de l’Université Technique… Dans cette dernière université, l’administration a d’ailleurs admis qu’elle avait elle-même invité des agents des forces de l’ordre à entrer.

Colonne de policiers anti-émeute.
Source: Sviatoslav Zorky, KP
La police a dit que l’événement n’a pas été sanctionné.
Source: Sviatoslav Zorky, KP

Les étudiants de BSU (Université d’État) ont réussi à faire passer une pétition à l’administration par l’intermédiaire d’un employé de l’université, l’administration ayant refusé d’accepter la pétition des mains des étudiants eux-mêmes. Celle-ci demande au ministère de l’Éducation de faire une déclaration en faveur de la démission de Loukachenko, de mettre fin à la violence et de punir les coupables des violences et des tortures des manifestants, de libérer les prisonniers politiques, d’arrêter la persécution pour les opinions politiques, de dissoudre la Commission électorale centrale, d’organiser de nouvelles élections équitables avec l’admission d’observateurs indépendants, rapporte BelaPAN.

Les forces de sécurité bloquent le passage aux étudiants.
Source: Pavel Martinchik, KP

La colonne de manifestants a quitté la rue Nemiga et a tenté de se rendre au ministère de l’Éducation. Les forces de sécurité leur ont bloqués régulièrement la route.

Les forces de sécurité bloquent le passage aux étudiants.
Source: Sviatoslav Zorky, KP
Denis Dudinsky a participé à la Marche des étudiants.
Source: Pavel Martinchik, KP
Des couleurs blanc-rouge-blanc sont accrochées aux fenêtres et aux balcons.
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Des hommes et les femmes se tiennent la main.
Source: Pavel Martinchik, KP

Les étudiants de Minsk ont défilé autour du centre-ville pendant plusieurs heures, pour arriver finalement dans la zone du stade Dynamo, lieu symbolique où des étudiants et des représentants des médias ont été arrêtés. Les journalistes de « Komsomolskaya Pravda au Bélarus » – le photographe Svyatoslav Zorky, le caméraman Mikita Nedoverkov et la correspondante Maria Eleshevich ont été arrêtés.

Plusieurs personnes ont été emmenées par la police anti-émeute et jetées dans des fourgons bleus.
Source: Pavel Martinchik, KP
Des arrestations sévères ont commencé.
Source: Pavel Martinchik, KP
La Marche des étudiants à Minsk le 1er septembre.
Source: Pavel Martinchik, KP

Vers six heures du soir, au lycée de BSU et dans la cour, de sévères arrestations ont eu lieu.

Selon le centre de la défense des droits de l’homme Viasna, qui a été privé de son accréditation au Bélarus, ce 1er septembre, au moins 53 personnes ont été arrêtées lors de ces rassemblements d’étudiants mais aussi d’autres manifestations dans la capitale, dont neuf journalistes.

Avant le début de l’année scolaire, certaines universités avaient émis des avertissements selon lesquels les étudiants ayant participé aux manifestations pourraient être expulsés de l’Université.