Belarus Daily | 17 nov

Menaces de poursuites pénales pour avoir érigé des monuments en mémoire aux manifestants défunts, les autorités inventent une nouvelle forme de génocide contre son propre peuple, et des scientifiques continuent toujours d’être licenciés

17 novembre 2020 | BYHelp-Mediagroup
Il est écrit : « RB », RB est une abréviation pour République du Bélarus mais aussi pour Raman Bandarenka. Auteur : Vladimir Tsesler.
Source: Vladimir Tsesler

Une nouvelle forme de génocide contre son propre peuple a vu le jour : les habitants de tout un quartier de Minsk ont été laissés sans eau, sans chauffage central à cause de leur prise de position politique. Les Bélarussiens ont une fois de plus montré qu’ils sont un peuple uni

Cela fait déjà plusieurs jours qu’un tollé s’est répandu dans tout le Bélarus à propos du quartier « Novaïa Baravaïa » dans la périphérie de Minsk. Ce quartier est connu pour la prise de position politique de ses habitants, ses rassemblements réguliers dans les cours d’immeubles, les symboles blanc-rouge-blanc accrochés en abondance sur les terrains de jeu et aux fenêtres des appartements.

Mais dimanche, l’eau a été coupée dans ce quartier. Les employés des services municipaux de Minsk ne se sont pas chargés de régler le problème ni le jour même ni le lendemain. Lundi après-midi, il s’est avéré que les robinets du système d’approvisionnement en eau avaient été délibérément endommagés. Ainsi, 15.000 habitants dont des familles avec des enfants en bas âge, ont été privés d’eau pendant au moins 3 jours. De plus, dans le quartier, il y a beaucoup de gens atteints du COVID-19.

Pratiquement tout de suite, les habitants du quartier ont laissé entendre qu’il s’agissait d’une vengeance pour leur prise de position politique. La fiabilité de cette hypothèse a été confirmée par les photos de la valve défaillante : la poignée a été enlevée, ses parties métalliques ont été sciées et soudées.

Le mardi 17 août, le chauffage central dans les appartements a également été coupé.

Face au tollé sur l’absence d’eau à « Novaïa Baravaïa », lors d’une réunion régulière, Loukachenko a chargé ses fonctionnaires de s’occuper de ce problème. Pourtant cela n’a pas apporté de résultats, les habitants du quartier sont toujours sans eau.

Face au retard intentionnel de la réparation du système d’approvisionnement en eau, les Bélarussiens ont une fois de plus fait preuve de solidarité et d’auto-organisation : les gens ont organisé une livraison en eau dans le quartier et se sont mis à proposer leurs logements pour héberger temporairement les habitants de « Novaïa Baravaïa ».

Le Comité Helsinki bélarussien a envoyé un appel au rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’Homme concernant le droit à l’eau potable et aux services sanitaires face à cette situation de coupure d’eau et de chauffage central dans le complexe résidentiel de Minsk « Novaïa Baravaïa ».

« C’est un nouveau mot d’ordre dans les représailles, les autorités utilisent les conditions sociales et de vie pour faire pression », dit-on dans l’appel.

Source: TUT.BY
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Certains ont démissionné de leur propre gré en signe de protestation, d’autres ont été licenciés suite à leur prise de position politique

Des travailleurs de différentes entreprises ont continué à se joindre à la grève. Parmi eux, figurent des employés de « Belaruskali », de l’Usine métallurgique du Bélarus (BMZ), de « Naftan », NPO « Passat » et de la compagnie de construction N°3 de Salihorsk.

On a également appris la démission de Mikalaï Stonka, un acteur du Théâtre républicain de dramaturgie bélarussienne, comme acte de protestation contre la censure. Et à Mahileu, une employée du Théâtre de dramaturgie a été emmenée à la police directement de son lieu de travail.

La direction de l’Institut d’histoire de l’Académie nationale des sciences n’a pas renouvelé le contrat de travail de l’historien bélarussien renommé, Mikalaï Volkaw. C’est le troisième contrat non renouvelé d’employés de l’institut ces jours-ci.

Source: TUT.BY
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Passage à tabac lors de l’arrestation, prolongation de peine de jours de détention. Que s’est-il passé, le 17 novembre, pour les détenus ?

Les tribunaux continuent d’examiner les cas des journalistes arrếtés dimanche. Ainsi, le journaliste de BelaPAN, Andreiï Chawliuha a été condamné à 15 jours de détention. La journaliste de « Belsat », arrêtée dans un appartement Place des Changements, a été condamnée à 7 jours de détention administrative.

Le journaliste Taras Kroutskikh (Tarnalitski) a été condamné à 25 jours de détention, et contrairement à ses collègues, il ne couvrait pas les manifestations lorsqu’il a été arrêté.

Mikhaïl, de Minsk, a raconté son arrestation et son passage à tabac : « Un homme m’a tordu le bras gauche pour m’immobiliser et les autres en ont profité pour me frapper dans le dos et au visage. Ils ont essayé de me frapper au foie, mais j’ai couvert mon flanc avec mon bras droit. Puis ils m’ont attaché les deux mains par des colliers de serrage en plastique et m’ont emmené dans le fourgon de police en disant : « Occupez-vous de celui-ci. » Là il y avait trois hommes en uniforme portant l’inscription « police ». Ils ont mis des menottes en métal par-dessus les colliers de serrage en plastique, m’ont posé sur le sol, m’ont frappé à coups de pied et de matraque. Les médecins m’ont diagnostiqué entre autres une commotion cérébrale, ainsi que des fractures. »

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Tout a été « gelé » et « mis à la baisse ». Voilà où en est Minsk en matière de politique internationale

Alexandre Loukachenko a déclaré, lors de la session gouvernementale sur les questions de politique internationale, que « Le Bélarus est toujours prêt à coopérer avec ceux qui tiennent aux principes de respect mutuel (je le dirai plus directement, c’est à dire avec ceux qui nous respectent), de sincérité et de décence. Il est triste que certains de nos soi-disant partenaires ne soient soudainement pas prêts à travailler dans de telles conditions. »

Le ministre des affaires étrangères du Bélarus, Uladzimir Makeï, a déclaré que le Bélarus avait réduit son niveau de participation au programme de l’UE intitulé « Partenariat oriental » à un niveau d’expert en raison des « tentatives de politiser un certain nombre de projets. » L’UE a répondu que le niveau de tous les dialogues avec le Bélarus avait été gelé et réduit bien plus tôt, alors que Minsk « aurait dû prendre des mesures pour reprendre le dialogue, au lieu de continuer à empirer la situation. »

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A Minsk, l’assistant de Loukachenko a promis de poursuivre en justice tous ceux qui erigeraient des monuments commémoratifs dans la ville

L’assistant de Loukachenko, à Minsk, Aliaksandr Barsoukow a parlé d’un « ordre donné en exemple » qui doit prendre effet cette semaine à Minsk : « Je tiens à avertir les citoyens : Nous n’aurons plus d’égards. Le temps des négociations est révolu. Les services municipaux enlèveront tout ce qui sera déposé, aidés par les policiers. Toute ingérence dans leurs actions sera punie d’un délit non seulement administratif, mais aussi pénal. »

Auparavant, Loukachenko a qualifié les monuments commémoratifs d’« armes psychologiques » et de « cimetière ».

Rappelons que le monument érigé en mémoire à Aliaksandr Taraïkowski assassiné, a été détruit à plusieurs reprises, et l’inscription sur l’asphalte en mémoire au manifestant assassiné a été repeinte. Des monuments érigés en mémoire à Raman Bandarenka sont apparus à travers tout le pays. Les gens ont ainsi exprimé leur deuil. Pourtant la restauration des monuments commémoratifs détruits peut désormais faire l’objet d’une poursuite pénale.

Source: TUT.BY

For more information on the events of 17 November 2020, please visit Infocenter Free Belarus 2020: