Belarus Daily | 18 déc

Une nouvelle vidéo sur les passages à tabac et les humiliations de détenus a été diffusée sur le net ; Les nouvelles sanctions de lʼUE : une déception pour presque tout le monde ; et les conjointes de travailleurs en grève racontent comment elles apportent leur soutien

18 décembre 2020 | BYHelp-Mediagroup
Une image de la nouvelle vidéo du groupe DREZDEN – BARRIKADO : « Cʼest une sorte de manifeste en réponse aux événements qui se déroulent au Bélarus ».
Source : Radio Svaboda 

Réaction aux sanctions de lʼUE : les uns sont déçus, dʼautres promettent des mesures de rétorsion, certains ont lʼintention de faire appel

Le 17 décembre, lʼUnion européenne a adopté une troisième série de sanctions contre les autorités et les entreprises bélarussiennes, les parties concernées ont réagi différemment.

Ainsi, le directeur artistique du Belarus Free Theatre, Nicolai Khalezin, le directeur exécutif du Creative Politics Hub et participant actif à la lʼétablissement de la liste des sanctions, a été très déçu par ce troisième bloc de sanctions final, remarquant quʼil a été considérablement réduit.

« Il y avait des sentences pour plus dʼune centaine de juges avec des descriptions détaillées de leurs actions, mais aussi pour bien plus dʼune centaine dʼagents des forces de lʼordre. Et si nous parlons de “ portefeuilles ” [du régime – ndlr], des dossiers avaient été ouverts sur tous ceux qui travaillent avec la famille Loukachenko – ce sont plusieurs dizaines de noms. Cʼétaient des dossiers détaillés avec des informations précises sur les entreprises enregistrées dans différents pays du monde, tout était extrait des registres officiels, jusquʼaux bénéficiaires des entreprises. (…) Au final, nous nʼavons vu quʼune liste qui a été compilée selon un schéma absolument incompréhensible. (…) Très probablement, ce nʼétait quʼun travail des lobbyistes de Poutine et Loukachenko. Et ce nʼest pas du lobbying politique classique, mais, plutôt une subtilisation. Cʼétait comme si une sorte dʼespion avait spécialement enlevé tous les sujets qui pouvaient nuire à Loukachenko. Ils ont tous été supprimés ! »

De son côté la SARL « Synesis » – une société informatique, inscrite sur la liste des sanctions, a lʼintention de faire appel pour inscription illégale de la société dans la liste des organisations de sanctions de lʼUnion européenne. « Synesis rejette fermement lʼhypothèse erronée du Conseil de lʼUE selon laquelle la technologie peut ou a déjà été utilisée par le gouvernement bélarussien pour identifier les manifestants », indique lʼappel.

LʼAttaché de presse du ministère des Affaires étrangères du Bélarus, Anatol Hlaz a qualifié les sanctions adoptées de « décision complètement stupide, à courtes vues et imparfaite à tous égards ». Selon Hlaz, la partie bélarussienne a préparé des contre-mesures.

Niсolai Khalezin.
Source : Nasha Niva

« On a deux reins, mais quʼune seule vie » – une vidéo est apparue sur la façon dont les policiers ont maltraité des détenus en août

Lʼinitiative BYPOL a publié une nouvelle vidéo – cette fois, les enregistrements révèlent les humiliations et le harcèlement dont les détenus ont été victimes en août. On peut y voir comment des agents des forces de lʼordre battent, crient, insultent, des dizaines de détenus qui sont forcés à rester face contre terre. Une partie des images a été prise dans une salle de sport, probablement sur le territoire dʼun commissariat de police.

Il est important de noter quʼactuellement, aucune poursuite pénale nʼa été engagée contre des agents des forces de lʼordre pour les violences survenues après les élections du 9 août. Et les victimes des violences des agents des forces de lʼordre se voient refuser lʼouverture de poursuites pénales. En revanche, des centaines des cas de poursuite pénale de manifestants sont connues. Et pour lʼinscription « Nʼoublions pas » sur lʼasphalte, on condamne les manifestants à deux ans en prison sous un régime strict.

« Cʼest bien ! » – voilà ce que pensent les épouses des ouvriers en grève

Volha et Aliakseï Karliuk.
Source : TUT.BY

Elles sont souvent dans lʼombre, mais à côté de ceux qui deviennent les héros des manifestations, il y a souvent celles qui leur sont proches. Les épouses, dont leurs maris nʼont pas eu peur de perdre leur emploi et se sont joints au comité de grève des travailleurs, ont raconté à TUT.BY ce quʼelles pensent de la décision de leurs conjoints.

Volha, épouse dʼun électricien de 6e catégorie à Belaruskali, Aliakseï Karliuk, raconte : « Le 17 août, mon mari a participé à une grève. Ils sont généralement très actifs dans leur équipe de travail, beaucoup de gars du même âge – plus ou moins 35 ans, à lʼépoque, ils sont tous sortis protester. Et puis les gars ont souffert : beaucoup ont été privés de primes, leurs contrats ont été renouvelés avec de nouvelles conditions,un des ouvriers sʼest alors mis en grève avec mon mari. Et le 2 novembre, mon mari est rentré à la maison et a dit: “ Voilà, je me suis mis en grève ”. Au début, cela mʼa effrayé ! Et puis jʼai dit : “ Dʼaccord, merci pour ta prise de position, cʼest bien ”. Je reçois des aides mensuelles pour notre enfant et nous avons également de petites économies. On nous aide énormément avec la nourriture : les gens nous contactent via un fond spécial INeedHelpBy par la messagerie Télégram et nous aident, cʼest super. »

Lʼépoux de Viktoryia Zournevitch, Siarhieï, a travaillé comme contremaître chez Belaruskali pendant plus de 18 ans. Le 24 novembre, il est entré en grève. Viktoria déclare : « Espérons que tout sʼarrangera et quʼil pourra revenir travailler, mais pour lʼinstant, nous ferons tout ce qui est entre nos mains. Nous voulons que nos enfants vivent au Bélarus – un État démocratique, développé, avec la primauté du droit, avec un niveau de vie élevé, où chaque citoyen est respecté et apprécié indépendamment de ses opinions et principes politiques. Je voudrais exprimer ici ma profonde gratitude à tous les Bélarussiens – je ne pensais pas et ne mʼattendais pas à une telle solidarité et un tel soutien. Il y a les fonds BySOL et INeedHelpBy, si nécessaire. Ils aident à la fois pour la nourriture et financièrement ceux qui sʼadressent à eux. Je connais ces personnes et il nous est arrivé de nous adresser à eux, mais nous essayons de nous débrouiller seuls. »

Viktoryia et Siarhieï Zournevitch.
Source : TUT.BY

Tatsiana, lʼépouse dʼAliaksandr Pantsialeeu, un contremaître dʼatelier à Belaruskali, déclare : « La goutte dʼeau qui a fait déborder le vase, cʼétait quand le patron lui a dit de lʼinformer si un de ses subordonnés utilisait des symboles non-autorisés. Maintenant que nous avons un peu réduit nos dépenses, nous nʼachetons que ce qui nous est nécessaire ici et maintenant. Tout ce qui pouvait attendre a été remis à plus tard. Et les diasporas qui vivent à lʼétranger nous aident. Par exemple, une fille nous aide à payer les aliments de premières nécessités. Nous avons également sollicité une aide financière du Fonds de solidarité. »

Tatsiana et Aliaksandr Pantsialeeu.
Source : TUT.BY

Un représentant de lʼentreprise norvégienne Yara parle : « Je suis vraiment désolé pour mes amis qui traversent des moments aussi difficiles. Ils sont mes héros ! »

Yara, de Norvège, est lʼune des rares entreprises étrangères à réagir systématiquement aux violations des droits de lʼhomme au Bélarus. Depuis les élections présidentielles, les dirigeants de lʼentreprise sont déjà venus au Bélarus pour sʼentretenir avec les hauts responsables de Belaruskali, la société bélarussienne de potasse et avec les militants des organisations syndicales. De plus, Yara a fait des déclarations officielles, se disant préoccupée par de nombreux rapports faisant état de licenciements de mineurs qui ont pacifiquement défendu leurs droits démocratiques, et a qualifié les processus en cours dʼinacceptables pour Yara. Geir Sundbø, représentant des intérêts des employés chez Yara International, a déclaré dans une interview à TUT.BY pourquoi le sort des bélarussiens ne laisse pas la société norvégienne indifférente. Voici quelques citations :

« Nous avons également un Code de comportement pour les partenaires commerciaux. Ces documents sont basés sur diverses conventions des Nations Unies telles que les droits de lʼhomme, les relations de travail, etc. Par conséquent, nous avons les mêmes attentes envers Belaruskali comme avec tous nos autres partenaires commerciaux dans le monde. »

« Jʼai vu beaucoup de choses en 33 ans chez Yara. Mais il nʼy a rien eu de similaire à ce qui se passe au Bélarus actuellement. »

« Je pense que le monde entier a remarqué que la situation au Bélarus s’est détériorée juste après les élections d’août 2020. Il semble donc y avoir une solution simple : de nouvelles élections. Mais ce nʼest pas à moi de décider. Je pense que mes amis bélarussiens sont tout à fait capables de trouver les meilleures solutions pour leur avenir. Dʼici là, je peux vous assurer que je reçois beaucoup de retours positifs de mes collègues du monde entier. Ils suivent le développement des événements au Bélarus et leur soutien au peuple bélarussien est unanime. »

Geir Sundbø.
Source : TUT.BY

For more information on the events of 18 December 2020, please visit Infocenter Free Belarus 2020: